Le drapeau en berne

On le sait tous, les américains vouent un véritable culte à leur drapeau. Ils l’aiment, ils le montrent partout, ils en sont fiers et ils en prennent grand soin. Ici, jamais on ne verra un drapeau abîmé ou décoloré au bout de son mât, jamais ! À l’école des enfants, matins et soirs des élèves montent et descendent le drapeau. Il est plié au carré et entreposé dans l’école jusqu’au prochain matin.

flag

Un certain matin de la semaine passée, sur notre chemin vers l’école, je reçois un texto de mon p’tit mari (hihihi!) qui me dit : »Sais-tu ce qui se passe, le drapeau du Century Link Field est en berne? » Moi de répondre: « Hummm, non! Mais attends je vais voir quand je serai à l’école si celui-là l’est aussi. » Quelques minutes plus tard à l’école, un membre du personnel le mettait justement en berne. Bon, qu’est ce qui se passe encore ?! En quelques secondes, une amie me confirme qu’il vient d’avoir une autre « tuerie » dans une école au Michigan. Voila, c’est ça qui se passe. Parce que dans le fond, les drapeaux en berne annoncent toujours des mauvaises nouvelles et je dirais même plus, annoncent beaucoup trop souvent des « school shootings ».

Ce qui est arrivé le 14 février dernier à Parkland en Floride semble avoir réveillé plusieurs américains et soulève beaucoup de discussions. Mais encore une fois, comme sur bien d’autres sujets, je me rend compte à quel point les américains sont divisés sur le sujet. Il y a les purs et durs, qui ne jure que par les armes et sur le fait que leur sécurité et celle de leur famille en dépend. Et les autres, qui pensent que la trop grande accessibilité aux armes, c’est dangereux.  Et quand je parle d’accessibilité, je veux vraiment dire partout. Le Dick’s sporting goods, une chaîne de magasin d’articles de sports est le premier à avoir annoncé l’augmentation de l’âge légal pour acheter une arme de 18 à 21 ans. Les insultes des gens que j’ai pu lire sur les médias sociaux suite à cette annonce, c’est juste incroyable. Mais bon, dans ce magasin situé à 5 minutes de chez moi, je peux acheter du stock de baseball, de football, de golf, apparemment rien de hockey (!!!), mais surtout des armes à feu. Au Fred Meyer, un style de Wal-mart combiné avec une méga épicerie, je peux acheter des bottes de pluie, du pain, du lait et un gun. Le tout sous le même toit ! Je te dirais que c’est assez déstabilisant pour la p’tite québécoise que je suis, qui ne vient pas de famille de chasseur et qui n’a jamais tenu un fusil dans ses mains.

Dans les informations démographiques que j’ai trouvé, on estime la population de la grande région métropolitaine de Seattle à 2 052 800 personnes. Cette donnée date du dernier recensement de 2015. Sur l’ensemble de la population, il y environ 17% qui sont nés dans un autre pays que les États-Unis. Environ 65% de la population est caucasienne et donc 35% d’un mélange de plusieurs origines : asiatique, amérindienne, africaine, etc. Sur ce 65% de caucasiens, il ne faut pas oublier qu’il y a beaucoup de canadiens, d’australien et d’européens là-dedans qu’on n’arrive pas à distinguer du lot. Bref, ce que je veux dire c’est que la région de Seattle est extrêmement multi-culturelle. Ce qui fait en sorte que bien que je suis dans une partie des États-Unis où toute cette culture des armes n’est pas aussi développée qu’ailleurs, je sens que ça inquiète. Ça inquiète et ça effraie même. De plus en plus dans le discours des autres mamans autour de moi, je sens des questions et surtout des inquiétudes. Deux mamans, de deux cercles d’amis différents et qui ne se connaissent pas du tout, m’ont avoué que maintenant avant d’envoyer leurs enfants jouer ou coucher chez des amis, elles demandent si c’est une maison sans armes à feu. Le choc toi quand la première maman m’a dit ça. Encore une fois, la p’tite québécoise en moi a eu toute une claque dans la face ! Demander si c’est une maison sans armes à feu J’ai jamais, au grand jamais, pensé qu’un jour je demanderais ça aux parents des p’tits amis de mes zinfins. C’est tellement pas dans ma culture J’ai tellement pas été habitué à ça et pourtant, il va bien falloir que je me rende à l’évidence, je vais être rendu là moi aussi. Mais j’y pense, je pourrais me partir une p’tite business de belles checklists toute cutes à mettre en vente sur Etsy. Tsé le genre de checklist qui ferait penser aux parents toutes les questions à demander pour une première « playdate ». Du genre :  Avez-vous des animaux, check. Avez-vous des allergies, check. Est-ce que les enfants peuvent faire du vélo jusqu’au parc, check. Etes-vous fumeur, check. Avez-vous des armes, check. Je pourrais surement laisser une ou deux lignes blanches parce que mon p’tit doigt me dit que j’ai pas fini d’être surprise et que ma liste risque de s’allonger, surtout avec une ado en devenir 😉

 

seattle skyline test

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